mercredi 21 mai 2014

Contrex : Ce que vous avez failli rater !

Bonsoirs amis lecteurs et amies lectrices. Voici le premier billet d'une longue lignée, je l'espère, issu d'une nouvelle catégorie : "Minute Pub !"

Cette nouvelle thématique de milieu de semaine, rassemblera principalement des affiches liées au thème ou à la marque qui auront été analysés durant le week-end, mais que je n'aurais pas pu inclure dans ce-dit billet. Aussi, je ne m'étalerai pas en digressions, j'ajouterai juste un petit commentaire de mon cru en guise de légende sous chaque illustration.

En espérant que cette rubrique vous plaise, je vous dis à très vite et encore merci pour votre fidélité. Et rappelez vous, partagez un max pour la cause ! 

CONTREX ORIGINS

Contrex-Marcel01
2H HEURES DE PATIN, COULEE VERTE... J'AI VOMI.

MUTATION EN COURS...
PATIN, LE RETOUR [CREATIVITE OFF]

OU COMMENT INCITER A LA LEVRETTE...

TAQUINER LA BALLE, INVALIDES... FALLAIT LA FAIRE CELLE-LA !

DEVOS SORT DE CE CORPS !

PARCE-QUE LA PÉTANQUE N'EXISTE QUE LA-BAS...

COUGAR STYLE !

AVANT L'ORGASME. (LE GARS FAIT DU CLOSE COMBAT NON ?)

PARCE-QUE DES FOIS, C'EST BEAU.


dimanche 18 mai 2014

Contrex : Mon partenaire menteur !

Salutations chers lecteurs et chères lectrices. Merci de m'être fidèle, c'est un réel plaisir de partager ces brefs (mais intenses) moments avec vous. Ce soir, je fais un billet d'urgence (non pas la série !) car une marque a récemment élaborée une campagne publicitaire d'affichage qui a retenu toute mon attention. Une fois de plus, le mal s'est emparé de l'espace publicitaire et j'ai du revêtir mon costume pour ne pas laisser cet acte impuni. Ce soir, c'est l''eau minérale de Contrexéville qui trinque !


Nous connaissons tous la campagne que je vous propose ci-dessus, intitulée "Contrexpérience" et élaborée sur deux saisons. L'objectif : Soutenir le message séculaire sur les vertus de cette eau minérale se voulant, à juste titre, bienfaisante quant à l'élimination des toxines et étant reconnue par le Ministère de la Santé et l'Académie de Médecine dès 1903.  Le truc c'est que dire les choses en l'état aurait pu s'avérer soporifique et chiant. Contrex eu donc une idée : Rassembler un groupe de blogueuse, les faire transpirer pour qu'elles puissent se réhydrater avec de la Contrex, mettre du cul au milieu. Plus on pédale, plus l'entité virtuelle masculine se fout à poil. Les voilà donc toutes comme des nymphomanes déchaînées, pédalant sans relâche pour espérer entrevoir un énorme (l'entité fait quand même la moitié d'un bâtiment...) pénis...virtuel... éclairé par diodes électro-luminescentes... Saupoudrez de quelques plans "downblouse" de la blogueuse en chef à gros nichons pendouillant au rythme des coups de pédaliers et le tour est joué.

Mais cela ne suffisait pas. Il fallait imaginer autre chose. Contrex décida donc de se lancer dans l'affichage avec le city guide minceur des parisiennes, où comment perdre des calories partout dans la capitale. Véritable jeu absurde sensé rendre plus "fun" la perte de kilos, chaque affiche représente une station où la prétendante à la taille 36 doit exécuter une tâche précise.

contrex-calories-pub-markeitng-paris-
 Je vous ai dressé un petit florilège de ces fameuses stations qui après observation peuvent laisser pantois. En terme de charte graphique on a :

  1. Un lieu
  2. Une tâche et la soi-disant perte de calories équivalente.
  3. Une illustration
  4. Le pack shot avec le slogan.

Que ressort-il de tout cela ? Rien qui ne vous avantage mesdames et mesdemoiselles... Une campagne qui permet peut-être de mincir mais de perdre aussi la plupart des neurones de votre cerveau. Les clichés sont énormes et les lieux pas trop abusifs. Prenons la première affiche par exemple : "Le baron" est un nightclub assez de chic de Paris. Il est évident qu'il soit accessible à toutes et à tous n'est-ce-pas ? Ensuite faisons un marathon shopping, où ça ? Aux Galeries Lafayettes bien sûr ! Retraçons le mythe de la nana dynamique jeune mais pas trop, vieille mais trop non plus, formatée à la  Sex and the city et avec un peu de fric parce-que sinon à Paris, tu fais rien. Puis les tronches quoi... Sérieux j'espère que la black a été payée double parce-que la c'est se suicider professionnellement !

Le tout est bien évidemment dans l'optique de perdre du poids, les filles de la pub en ont vraiment besoin n'est-ce-pas. Et puis Contrex ne prend pas de risques dans la mesure où elle surfe sur un des diktats les plus odieux de notre société contemporaine qu'est la standardisation pondérale. A croire que les filles n'ont rien d'autre à foutre de leur vie que de guetter le moindre gramme en trop supplémentaire. Et puis c'est vachement hypocrite ! La fille qui appelle ses "amies" non pas pour les voir mais juste parce-qu'à plusieurs c'est plus fun de perdre du poids !




Remarquons avec la troisième affiche que se cultiver ne fait perdre quasiment rien, activité à proscrire donc (on sent toute la frustration du créatif qui a voulu testé, en vain...).

Cette campagne compte une dizaine d'affiches. Tant est si bien que je me demandais jusqu'où Contrex était allée pour faire mincir nos femmes. Au départ je me suis dit : "et baiser ça fait perdre combien !" Quel fou je fus de poser cette question...
Car ils avaient tout prévu :
contrex-marcel-paris



168 putain de calories ! Et rue de Paradis parce-qu'ailleurs c'est moins. Mais imaginez une seconde la fille qui couche avec son mec ou sa nana (parce-qu'avec son gode c'est moins grave) avec comme seule idée en tête de combien je perds de calories ! Mais merde quoi ! On est tous différent, on est gros, maigre, petit, grand, et alors ??? Ok nous avons tout intérêt à surveiller notre santé mais arrêtons cette apologie de la minceur (maigreur), de dire ou du moins de faire sous-entendre que les rondeurs ne plaisent à personne, que c'est laid, inhumain, honteux et j'en passe. Arrêtons d'afficher des nanas qui auraient plus besoin de prendre des kilos en matière grise plutôt que de perdre du poids. Je dresse un carton rouge à cette campagne car sous couvert de "fun" et d'humour, elle renvoi à l’auto-culpabilisation des gens quant à leur apparence, elle participe à ce que des gens se sentent encore moins bien dans leur peau. Et surtout elle participe à faire croire que boire plus pour pisser plus , ça fait perdre des kilos. Mais c'est miraculeux !!!!! Adieu nutritionnistes, adieu sport, adieu hygiène de vie, bonjour Contrex !


Pour finir sur cette dénonciation en règle, je vous montre une série d'illustrations qui habillait les bouteilles à un moment donné (cliquez sur l'image pour voir l'ensemble des étiquettes) :
http://www.lemondemarketing.com/nouveau-look-pour-contrex/


 Conclusion : La femme moderne porte de strings, pense qu'à sa gueule, développe une phobie des matières grasses (ou une orthorexie au choix), pète complètement les plombs à la vu d'un magasin et s'affiche comme fidèle pour pécho les quelques célibataires restant (oui car notre héroïne des temps modernes est célibataire avec enfant et se dit fidèle car c'est forcément cet empaffé de mari qui l'a largué à un moment donné...).

Quel superbe tableau que voilà. Disons merci à Contrex pour enfoncer toujours plus profondément l'image de la femme dans la fange nauséabonde de la superficialité. Merci de nous rappeler combien être mince aujourd'hui est incontournable à notre survie et à celui de notre futur maillot de bain. Il est surtout dommageable que l'eau qui fut en son temps celle de Louis XV, n'ai fait d'autres choix que celui du segment des attardées mentales égocentriques. Oui, on vivrait mieux si c'était moins con.



Pour aller plus loin :
http://www.contrex.fr/

http://ursofrench.fr/la-campagne-geolocalisee-de-contrex-pour-mincir-fun/

http://www.lemondemarketing.com/nouveau-look-pour-contrex/

samedi 10 mai 2014

Les YouPubeurs !

Bonsoir chers lecteurs et chères lectrices ! Après une absence plus qu'abusée due à mon activité qui me permet de survivre en ce bas monde (et accessoirement, due aussi à une putain de bronchite alien incurable !), me revoilà avec un nouvel article consacré à ceux que j'appelle les YouPubeurs !

Barbarisme né de mon esprit tortueux, ce terme désigne en fait comme vous l'aurez sans doute remarquer des YouTubeurs qui ont consacré une partie de leur activité à la publicité. Jusque là rien d'original, mais leur point commun est qu'ils traitent de la publicité dans l'univers vidéo-ludique c'est à dire les jeux vidéos. C'est donc avec leur style et leur format d'émission que ces joyeux drilles se plaisent à critiquer certains spots publicitaires, à nous informer sur les techniques et autres trafics d’influence, ou encore à nous replonger dans l'univers de notre enfance (pour ceux dont les années 1980, joyau du style capillaire, sont synonymes de point de départ de leur vie).

Laissez moi vous présenter ces individus que vous connaissez peut-être déjà (certains tournent à plusieurs millions de vues). Vous remarquerez que ma liste n'est pas exhaustive, j'ai sélectionné ceux qui selon mon avis, reflètent le plus l'objectif du blog et surtout, ce sont ceux que je préfère ! (et bim !).


1. YouPubeur en approche : Benzaie alias Benjamin Daniel de l'émission Hard Corner. Son truc : Montrer et commenter les versions collectors des jeux en suivant l'actualité mais aussi des consoles rétro (Nes, Mastersystem ou encore Neo Geo...). Le tout enrobé d'une personnalité complément déjantée donnant à l'émission un rythme dynamique et super fun. Bon visionnage !




2. YouPubeur(s) suivant : Les gars du feu 3615 Usul, je veux parler de Usulmaster et de son célèbre acolyte Dorian Chandelier (dit le "p'tit gros"). Anciennement chroniqueur sur jeuxvidéos.com  (du moins pour Usul qui a décidé de se lancer en solo), ce duo présente au travers de rapides chroniques sans langue de bois (5 min environs) et au travers de thématiques assez généralistes l'évolution de l'univers vidéo-ludique. Aujourd'hui, Usul poursuit en freelance via le système de crowdfunding "Tipeee" une chronique nommée Mes Chers Contemporains. Quant à Dorian, il anime une émission sur jeuxvideos.com nommé Merci Dorian.





3. Voici les derniers YouPubeurs  : Le Joueur du Grenier (JDG pour les intimes), alias Fred Molas et son compère Seb Rassiat. Ces deux catalans ont repris le concept américain de critique de jeux vidéos rétro tiré de The Angry Video Game Nerd. Adapté à leur sauce et incluant leurs codes et leurs styles, ils sont devenus les incontournables dans leur domaine et leur file d'attente durant les conventions mesure, parait-il, près de 3 km de long...





Et voilà, c'est déjà fini ! J'espère que vous vous serez bien marrés et que ces vidéos vous auront montré d'autres clichés et autres manœuvres absurdes (flippantes ???) des créatifs d'hier et d'aujourd'hui. L'univers des jeux vidéos n'est en rien épargné et j'ai préféré laisser la parole à des experts en la matière pour aborder ce segment de produits.  Je vous retrouve bientôt pour un nouvel article de "pub moderne". A+ les loulous !

samedi 19 avril 2014

Merci William !


Ce soir, chers lecteurs et chères lectrices, je tiens à vous informer que nous avons un invité... de marque ! Mais pas de n'importe quelle marque, je parle du mastodonte français de la conserve, le n°1 du cassoulet et du petit salé aux lentilles, le roi du mitonné savoureux, donnez-moi un W, donnez-moi un S, j'appeeeeeeelle William SAURIN !

Ça parait pas comme ça mais William Saurin est l'un de nos plus anciens et plus importants cocorico de l'agroalimentaire. Petit flash-back en arrière, arrêtons nous à la fin du XIXème siècle, en 1892 précisément dans la petite ville de Saint-Mandé en région parisienne (Oui les provinciaux ne connaissent pas St Mandé !). Face à vous une petite épicerie, tenue par un certains Emmanuel Adolphe William Seurin, qui prend le pari de la réussite de la conserve et en fait son cheval de bataille. 120 ans plus tard, ses descendants sont n°1 sur le segment des plats cuisinés en conserve avec environs 35% de parts de marché.

Le décor posé, on va pouvoir aller plus loin. Là où cette marque est intéressante c'est son choix délibéré de ne se positionner qu'exclusivement sur les recettes traditionnelles françaises. Bœuf bourguignon, blanquette de veau, cassoulet du Languedoc ou encore le nouveau venu en la tartiflette façon Willy, autant de recettes qui ont fait la gloire de la marque en France mais aussi à l'étranger et notamment sur le continent américain. Ainsi, quoi de plus normal que de retrouver le spot publicitaire ci-dessous démontrant par analogie ou autre métaphore le cœur de métier de WS.



Notons le chêne et sa symbolique de longévité extraordinaire, longévité conditionné à l'eau qui nourri ses racines. Il est un peu comme ça William, c'est un peu comme l'enfant qui préserve ce qui est bon. C'est le protecteur de la cuisine française, le gardien du bon goût d'antan face aux invasions barbares de la gastronomie (Bon, la bouffe de merde américaine quoi disons-le...). Même si la marque surjoue un peu l'ampleur de son métier, on ne peut clairement pas lui reprocher de jouer le jeu de la mondialisation et de l'uniformisation des goûts. Sa production est encore franco-française et il est étonnant que WS n'ai pas reçu la médaille du mérite de la part du marin 1ère classe Montebourg.



Mais (car il y a toujours un "mais"), et même si William Saurin peut se prévaloir d'être le premier annonceur télévisuel  communiquant sur de la conserve (1968), cela ne l'a pas empêché de tomber dans la facilité, usant de stéréotypes ou de stars en vogue pour promouvoir ses produits novateurs. Entre autre, prenons le cassoulet du Languedoc. Sans vouloir être chauvin (un peu quand même ^^ ), le cassoulet vient de l'Aude, et l'Aude c'est en Languedoc. Mais ça le créatif, il s'en branle. A quoi pense-t-il dans sa petite tête de pseudo artiste parisien : "Le cassoulet c'est provincial tu vois (Oui parce-qu'en France, on a Paris et le reste d'où la province, vaste territoire sauvage, tout juste hospitalier mais sympa pour y passer des vacances...), donc il faut quelqu'un avec un accent qui chante le soleil (Non pas Julien clerc...). Tiens si on prenait Maïté ? Elle a l'accent, elle est connue, elle est sympa et elle est grosse donc bonne vivante donc conviviale. Banco se dit à se moment là WS. ERREUUUUUUUUUUUUUUR !!!!! Déjà Maïté, elle est landaise et bim ! Non monsieur, tous les accents ne se valent pas. Et puis il faut arrêter, j'ai beau aimer Maïté, elle présenterai de la merde c'est pas pour autant que j'en achèterai. Mais ça les annonceurs, ils kiffent. On sait tous que cette bonne dame est grassement payée pour dire son argumentaire, et il est complètement stupide de faire confiance à une personne que l'on ne connait qu'unilatéralement. Mais comme on ne peut pas goûter, on est bien obliger de croire la personne qui nous parle. C'est d'autant plus dégueulasse car :


  1. Maïté, vu ses engagements culinaires, n'est pas prête à servir ce type d'aliment. Elle le fait elle-même.
  2. Seul les plus crédules (les vieux et autres faibles d'esprit) seront victimes de cette manipulation et ça pour moi, c'est de l'abus de faiblesse.
En fait, il y a un deuxième "mais". Et il est intimement lié au spot TV de 2014 que vous avez ci-dessous : 


Ce qu'il faut savoir avant toute chose, c'est que William Saurin a été le pionnier dans la barquette plastique pouvant être réchauffée au micro-onde. Bon point. Mais après... *soupir*, c'est limite fatiguant en fait... Bon côté forme, WS part sur la tendance du moment du micro sketch comme on en trouve partout ailleurs : "Bref", les voisins, parents mode d'emploi, scènes de ménage... Et ce depuis l'institution que fut "un gars/une fille". Réutiliser donc ce format à des fins publicitaires, why not. Mais entre le père qui découvre l'utilisation du micro-onde et qui du coup, fier de sa "cuisine", s'extasie sur un plat préparé réchauffé. Entre la grognasse de mère et son faux accent du sud. Mais putain, aucun sudiste de ce nom a un accent pareil ! "T'as ton matche de rugueby !" Oui n'oublions pas que le sud = rugby. L'espèce d'ado mou du bulbe et forcément insolent (je sais que ce comportement caractérise grossièrement cette période de croissance des jeunes mais enfin continuons à faire passer des ados pour des tarés congénitaux...). Tous les clichés y passent. Alors vous pourriez me dire : "Oui heuuu mais c'est fait exprès, c'est pour faire rire." Ben en fait, ma réponse se résumera à ça...

William Saurin est une marque française qui rivalise avec les plus grands de l'alimentaire et a su se développer intelligemment depuis plus de 100 ans. Toujours novateur, prenant des risques, il est par contre dommage que ce ne soit pas le cas des spots publicitaires qui eux, s'alignent sur la médiocrité ambiante en matière d'alimentation. I have a dream : Celui où les annonceurs arrêteraient leurs mièvreries, leurs balivernes et autres clichés débiles. Je rêve que lorsqu'on cherche à me vendre de la bouffe, qu'on me dise juste avec quoi c'est fait, honnêtement, que c'est bon, et que si ça me plait pas, qu'ils en soient désolé. Qu'on arrête de vouloir me donner un orgasme à chaque fourchetée de torsades bolognaise. Qu'on arrête de me faire croire que le cuisiné tacle fièrement le fait maison. Mais malgré tout, disons que WS nous aide à survivre dans notre société toujours plus chronophage, en nous donnant des plats aussi mangeables que puisse l'être une barquette conditionnée... Merci William, mais peut mieux faire.


Pour aller plus loin :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cassoulet
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AFt%C3%A9
http://www.william-saurin.fr/
http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Saurin

samedi 5 avril 2014

L'absinthe, condamnée à tort !



Chers lecteurs et chères lectrices, je reviens vers vous cette semaine dans le seul but de se faire plaisir. Mais attention pas n'importe comment ! Non, pas le plaisir vulgaire, basique relevant des bas instincts de l'être humain. Pas non plus le plaisir superficiel de la fièvre acheteuse, de la pure consommation de masse guidée par le seul fait de posséder. Cette semaine, nous serons des gens distingués comme le furent ceux de la belle époque (années 1900), versant bon gré mal gré dans l'alcoolisme mondain et dans l'univers enchanteur de la Fée Verte.

Les connaisseurs l'auront compris, cette semaine l'absinthe est à l'honneur. Aaah l'absinthe... Elle aura fait couler pas mal d'encre et de bouteilles en son temps. Tantôt adorée, tantôt fustigée, peu de produits auront fait débat comme elle l'a fait.  Mais avant de devenir la star parisienne, c'est dans le Doubs, au bas des contreforts du Jura, qu'elle fut crée par le Docteur Pierre Ordinaire selon la sagesse populaire, puis en Suisse où elle fut produite commercialement. Boisson médicinale destinée à soigner les maux de tête, les calculs rénaux et autres coliques, ce n'est que vers les années 1900 qu'elle devint l'apéritif de référence de la classe bourgeoise tout d'abord, puis de l'ensemble des français par la suite.

En effet, l'affiche ci-contre est intéressante dans la mesure où elle montre in situ la dégustation par des personnes de bonne éducation dudit breuvage. Remarquons le style vestimentaire de l'époque et avec quelle délicatesse la dame se désaltère. Boisson de riches de prime abord, car il est vrai que sa production fut fort coûteuse, ce qui imposa donc un prix de vente au consommateur élevé pour l'époque. 

Ce n'est que vers 1910, lorsque son prix chuta que l'absinthe se démocratisa (36 millions de litre par an). Faibles revenus, artistes, l'absinthe devint la boisson nationale derrière le vin qui s'inquiéta furieusement de la montée de cette enquiquineuse.


Ainsi, l'affiche suivante démontre bien cette démocratisation où les manants alcoolisés et vulgaires (1er plan) côtoie les buveurs de bon aloi (second plan).

Mais le point commun aux affiches est la symbolique de la femme. Toutes les affiches d'absinthe les mentionnent, et une fois de plus, de façon peu flatteuse. Si l'on revient sur la première illustration, la femme est certes distinguées mais focalisez-vous sur le regard de l'homme qui loin d'être ravi par sa charmante compagnie, semble s'imaginer ce qu'il suivra une fois la dame un brin pompette. Dans la seconde illustration, tous les regards sont tournées vers une dame jouant de ses jupons pour attirer l'attention et se la jouant ainsi aguicheuse. Candeur tentatrice, rouquine délurée (le roux symbolisant bibliquement la couleur du diable, attribuée souvent et bien sûr à tord aux sorcières et notamment aux femmes qui détournèrent du droit chemin les hommes mariés, bien malgré eux bien entendu...).  Les illustrations ci-dessous en sont la preuve flagrantes : Une nudité à peine dévoilée et une rouquine nous invitant à boire dont le bras est orné d'un bracelet en forme de serpent (Serpent + femme = Eve = salope à cause de qui nous fûmes viré du jardin d'Eden...).


Publicité ancienne
C'est ainsi que l'absinthe eu cette image peu élogieuse mais qui fut en même temps son succès. Véritable traînée, les gens qui tombèrent dans ses griffes la payaient pour en recevoir ses bienfaits. Et quand l'argent vint à manquer, c'est avec indifférence qu'elle les quittaient, les condamnant à un éternel désespoir. Mais pour certains c'était déjà trop tard, l'addiction était là, et toujours ils y revenaient. C'est aussi pour cela qu'en 1915, l'absinthe fut totalement interdite de vente, moins pour ses supposés problèmes neuronaux qu'elle pouvait déclencher que l'ombre dangereuse qu'elle étendait sur le secteur vinicole. Même si la thuyone (composant de la Fée Verte) est effectivement nocive et mortelle à très fortes doses, les problèmes de santé qui secoua cette époque étaient surtout dues à la quantité gargantuesque d'alcool qui était ingurgitée. Par ailleurs, des artistes tels que Van Gogh étaient réputés comme étant marginaux, bien avant leur addiction à l'absinthe, et sa meurtrissure de l'oreille fut surtout induite par une psychose que l'absinthe ne fit qu'accentuer. Cependant, elle constitua une véritable source d'inspiration et de nombreuses natures mortes la mettant en scène virent le jour comme celle commandé par l'Absinthe Bourgeois où la couleur verte est toujours présente (comme dans les autres affiches par ailleurs).

Aujourd'hui l'absinthe ou du moins les boissons aux extraits d'absinthe (l'appellation originelle restant interdite), sont de nouveaux autorisées. Vantant ses vertus rafraîchissantes et bienfaisantes, elle reste une boisson de convivialité et de bonhomie (homme enjoué bien portant, ambiance estivale). Cependant, elle n'a rien perdu de sa provocation car elle est et restera la fée malicieuse d'une certaine intelligentsia à contre courant. 

Remarquez comment l'illustration de GEMPP PERNOD ose transmettre un message de santé avec la fumée d'une pipe à tabac (alors qu'aujourd'hui c'est plutôt ça !). De même, notez comment un artiste tel que Marilyn Manson remet en scène cette boisson, longtemps considérée comme celle du diable. Et comme j'aime souvent être son avocat, la déchéance de l'absinthe fut en réalité plus liée à des manœuvres commerciales pour préserver notre superbe patrimoine viticole, plutôt que pour sa dangerosité qui tient surtout à la quantité d'alcool que nous ingérons et ce, qu'importe le breuvage...



Pour aller plus loin :
http://art-nouveau.style1900.net/l-absinthe/
http://www.museeabsinthe.com/absintheHISTOIRE5.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Absinthe_(spiritueux)

samedi 22 mars 2014

Magnum : Une question d’obscénité ?

Cette semaine chers lecteurs et chères lectrices, j'ai fais une découverte étonnante. Alors que je circulais comme un zombie robotisé dans la file du self de mon boulot, voilà que je vois un dessert peu commun à la triste et morne habitude de mon quotidien culinaire. Un bâtonné glacé ou plus communément appelé un "esquimau" ! 

Fort surpris par ce dessert inhabituel, je fus amusé puis consterné par le packaging du-dit bâtonnet. Aussi, spécialement pour vous, ce soir sera placé sous le signe glacé des bâtonnés de la marque Magnum !

Avant de commencer les hostilités, il est important de dire merci à nos amis italiens sans qui tout cela n'aurait été possible. Créée à Florence, cette invention moyenâgeuse fut rapidement victime de son succès en étant exportée/copiée dans toute l'Europe et notamment l'Europe de l'Est jusqu'aux confins de la Chine actuelle grâce à ce bon vieux Marco (Polo).

Ainsi, mon expérience Magnum au taf passa par la gamme "5 Kisses" que je vous présente ci-dessous. Pour moi j'ai eu droit au cyan à savoir le "passionate kiss" qui ne le fut pas du tout. Non pas que j'ai détesté la saveur, l'inspiration tiramisù fut assez correcte, mais je fut plus déçu par la promesse du message véhiculé. Si le baiser fut plutôt froid, j'eu beau déguster ce dessert avec toute la passion que je pouvais lui accorder, cela ne suffit guère à rompre la glace... Il n'y eu aucune passion tout comme je suis sûr qu'il n'y a rien de ce que promettent les autres bâtonnets de la gamme et leurs noms aguicheurs. Vendus ! Remboursez !

Non mais sans déconner, il n'y a pas plus de baiser quand on mange une glace que de sensualité quand on se cure les oreilles ! De plus la mise en scène est vraiment poussée jusqu'au bout dans la mesure où la marque présente sur le packaging le numéro de la série, comme par ailleurs le fait une certaine marque de parfum que nous ne nommerons pas. D'ailleurs c'est marrant que la série finisse au numéro 5... Volonté de monter le niveau de la gamme (et ainsi pratiquer des prix élevés alors que le coût de production reste quasi-identique à celui des Magnum standards), on peut observer en revanche une certaine cohérence dans l'attribution des codes couleurs relatifs aux arômes.

Afficher l'image d'origine


Mais revenons à ce fameux baiser inexistant. Sérieux messieurs les créatifs, vous avez sérieusement abusé sur la coke... Non parce-que quand on mange une glace on ressemble à ça ???


Afficher l'image d'origineEt comme une fois de plus la gente féminine est mise à l'honneur, vous remarquerez, une fois de plus, combien celle-ci est respectée. Oui, oui, Caroline De Souza (fille du haut) mange bien une glace, notre bouche prend exactement cette allure quand nous suçons mangeons un Magnum ! Toute comme notre Valérie Bègue officielle (à droite) avec un regard qui en dit long sur la saveur de la glace... Vraiment les filles, vous n'avez pas de chances... Quand on ne vous voit pas à poil, on vous utilise en érotisant le moindre fait et gestes. Ok le sexe fait vendre mais c'est à croire qu'il n'y a que vous qui sucez bouffez des bâtonnets glacés. Majoritairement, la cible de ce dessert (et des dessert en général) sont les femmes. Grandes gourmandes devant l'éternel, Magnum n'a pas hésité à vous rappeler que le péché originel avait été bel et bien commis par vous.



Regardez-vous, bande de pécheresses, zyeutant à qui mieux mieux l'objet du délit, du désir divin. La glace a remplacé la pomme. En cédant au tabou biblique, vous condamnez l'humanité à la mortalité. Et ce tabou qu'il soit fait de pomme ou de glace et bel est bien une histoire de sexe. Céderez-vous à la tentation du baiser ? Puissante symbolique que voilà car si déguster une glace n'a plus rien d'anodin (du moins dans la vrai vie, pas dans les pubs), il convient de se souvenir que jadis et jusqu'à notre époque moderne, il était clairement admis que manger une glace en public pour une jeune fille était la marque de dévergondage ou même de provocation.


Afficher l'image d'origineAlors maudit pour maudit, autant se lâcher et faisons de la femme une fieffée salope. Transformons là comme dans la pub ci-contre en une diablesse, qui toute honte écartée, s'abandonne à ce plaisir interdit mais tellement jouissif. A tel point qu'au rythme ou elle va, on se demande bien ce qu'elle va bien pouvoir faire du bâtonnet une fois le chocolat consommé... (éh éh éh !)




Bref, Magnum c'est gros, c'est froid et c'est bon ! Ne pouvons-nous pas trouver d'autres idées qui mettraient en évidence ce message qui ma foi et l'essentiel de ce qui faudrait retenir de la part d'un marchand de glace. Ce dernier a bien changé aujourd'hui...


Allez, histoire de conclure sur une note humoristique, matez la pub pour la gamme "5 kisses" et si tout comme comme moi vous la trouvez absurde (la femme fait le tour de Paris en courant en talons hauts, mais bien sûr...), concentrez vous sur la fin et voyez comme le gars la prend bien pour une conne. Tu veux un baiser chérie ???? Ben tiens ! Prend une glace ! 
Arf ! Le truc qu'on ferait bien à nos ex, histoire de bien les faire iech !


Pour aller plus loin : 
http://www.invention-europe.com/Article347159.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Magnum_(marque)
http://www.mymagnum.fr/article/5kisses/


samedi 15 mars 2014

Le placement produit

Pour ce dixième article, je vous propose chers lecteurs et chères lectrices un petit dossier sur une pratique publicitaire très connue et très usitée aujourd'hui, je nomme : Le placement produit ! (Ok c'était pas dur de deviner, c'est comme le Port-Salut, c'est marqué dessus...).

Petit dossier oui car je ne pourrais hélas m'étaler sur une dizaine de pages (dixième article, dizaine de pages... ok ? bon poursuivons...), sous peine de vous endormir sur votre ordi tant le sujet est vaste. J'essaierai donc d'écrire l'essentiel car l'essentiel est dans Lactel ! Et paf !!!! Vous l'avez vu le placement produit ?

Pour ceux ou celles qui auraient encore du mal, voici une brève définition* :

*Définition CSA

"Toute forme de communication commerciale audiovisuelle consistant à inclure un produit, un service ou une marque ou à y faire référence, en l'insérant dans un programme, moyennant paiement ou autre contrepartie."



Autrement dit, le placement produit c'est ça :

Les marques s'introduisent ainsi dans le quotidien de nos créations audiovisuelles préférées, tant et si bien qu'il devient rare de ne plus être sous influence. Tout y passe : Ordinateur, alimentaire, boisson, voiture et j'en passe... L'objectif étant double :
  • Pour l'annonceur (celui qui fait la pub), cette technique permet d'augmenter la capacité des individus à se souvenir de la marque dans la mesure où nous sommes disponibles pour la recevoir (comme l'expliquait si élégamment Patrick Lelay, ex PDG de TF1).
    Ainsi, nos barrières psychologiques étant réduites, nous accordons plus d'importance à ce que nous voyons et entendons. Conjugué au fait que bien souvent le placement produit concerne un des acteurs phare du film et/ou de la série et là c'est banco ! Les fans en voulant s'identifier à leurs stars préférées consommeront la marque en question, les plaçant ainsi dans un état affectif positif vis-à-vis de celle-ci. C'est comme cela que de nombreuses personnes achetèrent le téléphone Nokia 8110 à clapet coulissant de Néo dans Matrix suite à sa sortie au cinéma.
  • Pour le receveur, l'avantage reste le pognon qu'il va recevoir pour diffuser la (les) dite(s) marque(s) en question. Plus la marque est connue, plus ça chiffre. Plus l'objet est manipulé, cité, montré, plus ça chiffre. Parmi les quelques infos web des gens qui osent parler pognon, on estimerait entre 10 000 et 60 000 $ LA diffusion ! Autant vous dire que ce système permet de financer pour partie l'oeuvre audiovisuelle.

La technique presque séculaire (son origine audiovisuelle remonterait à 1919 avec le film "Le garage infernal" de Roscoe Arbuckle) est aujourd’hui bien rodée car elle ne se limite plus aux films ou aux séries,  mais également aux jeux vidéos. 


Si on prend l'exemple de l'image ci-contre, nous pouvons voir que le jeu HALO 4 est largement sponsorisé par Doritos et MTNDEW ce qui ravi visiblement le journaliste. Trêve de plaisanteries, ce que vous avez en face de vous est l'illustration du Doritosgate, sombre affaire qui porta l’opprobre sur certains journalistes de jeux vidéos car ces derniers auraient offert une PS3 à tous ceux qui auraient retwitté un message publicitaire (du jeu en question...). Bel exemple des limites du placement produit ou quand les journalistes, producteurs, réalisateurs se prostituent aux marques dans le simple espoir de faire du blé (Oui parce-qu'il n'y a pas que le riz et les pâtes dans la vie !), ou de gagner quelques avantages (voyages, avant-première, exclusivité ou cadeaux divers et variés).

J'aurais pu dire aussi les bloggers, car oui nous aussi sommes victimes (consentantes ?) du placement produit. Combien de mes homologues (copinautes) bloggers organisent des concours, vantent les mérites de marques ou autres produits dans le simple espoir d'être invité (oui je suis l'ELU(E) !!!! ) à des soirées (ben doudou, tu viens plus au soirées ???), de recevoir des produits gratos (pour les revendre, oui ma p'tite dame y a pas de petits profits...) ou encore de faire des VUES !!!! 
"Jaloux !!!!" me direz-vous. Point du tout, ce sont juste les faits et la loi du placement produit. Quand certaines personnes (bloggers, youtubers...) rassemblent des dizaines de milliers d'internautes, quoi de plus normal que ces derniers intéressent les marques. C'est de la pub low-cost pour eux !

Ce que j'aimerai c'est que chacun puisse avoir conscience qu'à un certains moment, les internautes (qu'ils soient plus ou moins connus) possèdent un pouvoir de négociation dont ils ne se rendent pas compte, et que servir de toutous aux industriels n'est pas une fin en soi. Internet est stupéfiant car il remet en cause les bases du pouvoir vertical. Le partage d'idées, d'infos rend les relations plus horizontales et à un certains niveau, le placement produit se doit d'être mûrement réfléchi.  D'ailleurs, certains films sont connus pour leur "fail" magistral concernant l'utilisation de cette technique. Qu'est-ce-qui comptait le plus au final, le film ou la pub induite ? Le résultat devenant ainsi assez ridicule...


La grande boucle (2013)
Seul au monde (2001)






















Bref, comme tout doit avoir une fin et que le fin du fin c'est Plantafin, je laisse le dernier mot à Wayne, qui a su tourner en dérision cette pratique déjà décriée en son temps :




Pour aller plus loin :
http://www.csa.fr/Television/Le-suivi-des-programmes/Les-communications-commerciales/Le-placement-de-produit
http://www.placementdeproduit.com/qu-est-ce-que-le-placement-de-produit/les-4-types-de-placement-de-produit/
http://www.lexpress.fr/diaporama/diapo-photo/culture/cinema/placement-de-produit-au-cinema-le-pire-et-le-meilleur-en-images_1261301.html?p=11#content_diapo
http://www.canardpc.com/pdf/DoritosHW.pdf