Affichage des articles dont le libellé est Pub rétro. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pub rétro. Afficher tous les articles

samedi 17 septembre 2016

Bière qui roule n’amasse pas mousse.


Bonjour à tous ! Quoi de mieux en cette période de forte chaleur qu'une petite bière bien fraîche à la cool dans son transat. Même si les vacances sont à présent finies, la bière, elle, demeure depuis des millénaires car oui, cette boisson quelque peu alcoolisée est presque aussi vieille que le monde. De l'Ancienne Egypte  en passant par la Grèce antique et la Gaule (qui fut le berceau des tonneaux, cocoricooo !), la bière fut d'abord sacrée puis considérée comme thérapeutique pour entrer enfin dans les mœurs des familles et des populations du nord de l'Europe.

Afficher l'image d'origineLes vertus de cette boisson ne sont plus à démontrer mais dans notre contexte actuel où, tel Moise en son temps, l'Etat nous explique comment notre vie devrait être (tu ne fumeras point, tu ne boiras pas trop, tu bougeras si tu manges beaucoup et pas trop de jeux vidéos...), la bière fut pendant un temps vanter pour sa nutritivité. Comme le montre la première affiche datant des années 1950, le point de vu est direct et sans ambiguïté : Une affirmation et  un exemple avec son contre exemple. La femme qui boit de la bière sera nourricière et le bébé bien portant alors que la non-adepte en sera tout le contraire.
A noter également sur la forme le choix des couleurs : La nourrice de gauche possède un châle rouge/orangé sur les épaules, des couleurs chaudes donc démontrant aussi la bonne santé et la vigueur. La nourrice de droite portant du vert pâle, couleur plus froide, triste et de manquant de tonus. Si nous nous attardons sur les visages, eux aussi sont éloquents : Le sourire et la bienveillance contre la tristesse de celle dont le sein ne satisfait pas l'enfant.
Ce genre de publicités, courant en son temps, serait inenvisageable aujourd'hui, de part l'incitation à boire de l’alcool (vous remarquez que notre ami modération était absent à cette époque) mais surtout parce-qu'elle s'adresse aux mères ou nourrices qui allaitaient leurs enfants (quand on sait les dégâts de l'alcool sur ces derniers même lors de la tétée).


Afficher l'image d'origine
Par ailleurs, la bière c'est aussi une oeuvre d'art, des recettes uniques liées à des savoir-faire ancestraux. On en trouve diverses sortes de part le monde mais aussi dans diverses localités. La célèbre bière de Monaco en fait partie et a su conquérir le monde grâce à ses arômes fruités qui inspira le cocktail à base de bière, de limonade et de grenadine.
C'est ce que met en évidence l'affiche ci-contre exprimant l'authenticité de la recette et dont le fond noir ne fait que mettre en évidence les fruits rouges qui en font sa particularité. Notons l’ambiance année 30 avec le style vestimentaire très Coco Chanel des dames qui affectionnèrent particulièrement la saveur de cette bière et qui démarrèrent leur révolution sexuelle par la boisson alcoolisée et les jupes à hauteur de genoux.

Dans le même temps, la bière est aussi un produit de convivialité et l'entreprise Schlitz a totalement surfé sur cette valeur. Comme le slogan l'indique, cette marque de bière localisée à Milwaukee a rendu célèbre cette ville car sa bière fut au début du XXème siècle l'une des bières les plus vendues aux Etats-Unis.
SchlitzEt une partie de sa renommée provient de ses célèbres et conviviaux picnics familiaux à l'américaine, où la bière Schlitz coulait à flots et où l'ensemble de l'entreprise s’amusait et passait du bon temps, caractéristiques d'un management paternaliste qui se généralisa dans d'autres industries du XXème comme Schneider par exemple ou encore Michelin.


Par la suite, quelques publicités s'essayèrent à l'humour gras ou utilisèrent des standards  de la littérature pour promouvoir cette boisson quasi-universelle. Foster fut celle qui fit le choix de la pub cochonne gentillette en prenant l’exemple des célèbres sauveteuses californiennes et même australiennes (puisque c'est la nationalité de la marque à la base).
Afficher l'image d'origineEn effet quoi de mieux qu'une bière très fraîche lorsqu'il fait très chaud. Foster a donc trouvé une façon très originale de garder notre mousse au frais en la protégeant des rayons du soleil : Une bonne grosse paire de nibards (après tout, il est monnaie courante de juxtaposer bière et nichons dans l'esprit de beaucoup de personnes partisanes de la beaufitude).
Puis si en plus c'est une femme qui met la bière sous les seins de sa voisine, quoi de mieux pour déchaîner les plus violents fantasmes masculins car il est bien connu qu'un mec avec deux femmes est un fantasme présent dans le top 3 de la gente masculine. A noter le regard de la bonne femme, on ne sait pas vraiment si elle regarde sa bière ou si elle mate les deux obus charnels.







Un peu plus poétique, la bière Dante's Beer reprend une allégorie de l'enfer de Dante où des individus maudits se voient chacun doté d'une bouteille de bière. Avec le slogan "Party like Hell", la marque veut montrer le coté festif de la bière en donnant la vision que l'enfer est sacrément préférable au paradis car tous les vices y sont autorisés. Cela rend du coup caduque la pensée de Dante qui expliqua que l'enfer était le lieu de tous les tourments pour les pêcheurs en fonction de leurs méfaits. 
Par ailleurs la bière fut aussi objets d’inspiration dans l'art traditionnel comme MANET le fit avec son oeuvre "Les buveurs de bières", témoignage d'une époque où cette boisson communément admise par les deux sexes, symbolisait la détente et la socialisation des individus. De plus la révolution industrielle permis une production plus massive avec une certaine qualité garantie comme la pasteurisation. Ainsi, la petite bourgeoisie découvrit de nouvelles expériences en matière de boisson avec la bière qui ne fut plus réservée au Nord-Est du pays.


Dantes



Afficher l'image d'origine
E. MANET. Buveurs de bière. 

Cet article sur la bière et sa vision au travers des publicités va à présent s'achever mais comment ne pas résister de vous montrer qu'il y a encore une quarantaine d'années, même la télévision publique incitait à la consommation lorsque la chaleur extérieure devenait trop forte. Comme quoi, si c'est l'Etat qui le dit...
























samedi 5 avril 2014

L'absinthe, condamnée à tort !



Chers lecteurs et chères lectrices, je reviens vers vous cette semaine dans le seul but de se faire plaisir. Mais attention pas n'importe comment ! Non, pas le plaisir vulgaire, basique relevant des bas instincts de l'être humain. Pas non plus le plaisir superficiel de la fièvre acheteuse, de la pure consommation de masse guidée par le seul fait de posséder. Cette semaine, nous serons des gens distingués comme le furent ceux de la belle époque (années 1900), versant bon gré mal gré dans l'alcoolisme mondain et dans l'univers enchanteur de la Fée Verte.

Les connaisseurs l'auront compris, cette semaine l'absinthe est à l'honneur. Aaah l'absinthe... Elle aura fait couler pas mal d'encre et de bouteilles en son temps. Tantôt adorée, tantôt fustigée, peu de produits auront fait débat comme elle l'a fait.  Mais avant de devenir la star parisienne, c'est dans le Doubs, au bas des contreforts du Jura, qu'elle fut crée par le Docteur Pierre Ordinaire selon la sagesse populaire, puis en Suisse où elle fut produite commercialement. Boisson médicinale destinée à soigner les maux de tête, les calculs rénaux et autres coliques, ce n'est que vers les années 1900 qu'elle devint l'apéritif de référence de la classe bourgeoise tout d'abord, puis de l'ensemble des français par la suite.

En effet, l'affiche ci-contre est intéressante dans la mesure où elle montre in situ la dégustation par des personnes de bonne éducation dudit breuvage. Remarquons le style vestimentaire de l'époque et avec quelle délicatesse la dame se désaltère. Boisson de riches de prime abord, car il est vrai que sa production fut fort coûteuse, ce qui imposa donc un prix de vente au consommateur élevé pour l'époque. 

Ce n'est que vers 1910, lorsque son prix chuta que l'absinthe se démocratisa (36 millions de litre par an). Faibles revenus, artistes, l'absinthe devint la boisson nationale derrière le vin qui s'inquiéta furieusement de la montée de cette enquiquineuse.


Ainsi, l'affiche suivante démontre bien cette démocratisation où les manants alcoolisés et vulgaires (1er plan) côtoie les buveurs de bon aloi (second plan).

Mais le point commun aux affiches est la symbolique de la femme. Toutes les affiches d'absinthe les mentionnent, et une fois de plus, de façon peu flatteuse. Si l'on revient sur la première illustration, la femme est certes distinguées mais focalisez-vous sur le regard de l'homme qui loin d'être ravi par sa charmante compagnie, semble s'imaginer ce qu'il suivra une fois la dame un brin pompette. Dans la seconde illustration, tous les regards sont tournées vers une dame jouant de ses jupons pour attirer l'attention et se la jouant ainsi aguicheuse. Candeur tentatrice, rouquine délurée (le roux symbolisant bibliquement la couleur du diable, attribuée souvent et bien sûr à tord aux sorcières et notamment aux femmes qui détournèrent du droit chemin les hommes mariés, bien malgré eux bien entendu...).  Les illustrations ci-dessous en sont la preuve flagrantes : Une nudité à peine dévoilée et une rouquine nous invitant à boire dont le bras est orné d'un bracelet en forme de serpent (Serpent + femme = Eve = salope à cause de qui nous fûmes viré du jardin d'Eden...).


Publicité ancienne
C'est ainsi que l'absinthe eu cette image peu élogieuse mais qui fut en même temps son succès. Véritable traînée, les gens qui tombèrent dans ses griffes la payaient pour en recevoir ses bienfaits. Et quand l'argent vint à manquer, c'est avec indifférence qu'elle les quittaient, les condamnant à un éternel désespoir. Mais pour certains c'était déjà trop tard, l'addiction était là, et toujours ils y revenaient. C'est aussi pour cela qu'en 1915, l'absinthe fut totalement interdite de vente, moins pour ses supposés problèmes neuronaux qu'elle pouvait déclencher que l'ombre dangereuse qu'elle étendait sur le secteur vinicole. Même si la thuyone (composant de la Fée Verte) est effectivement nocive et mortelle à très fortes doses, les problèmes de santé qui secoua cette époque étaient surtout dues à la quantité gargantuesque d'alcool qui était ingurgitée. Par ailleurs, des artistes tels que Van Gogh étaient réputés comme étant marginaux, bien avant leur addiction à l'absinthe, et sa meurtrissure de l'oreille fut surtout induite par une psychose que l'absinthe ne fit qu'accentuer. Cependant, elle constitua une véritable source d'inspiration et de nombreuses natures mortes la mettant en scène virent le jour comme celle commandé par l'Absinthe Bourgeois où la couleur verte est toujours présente (comme dans les autres affiches par ailleurs).

Aujourd'hui l'absinthe ou du moins les boissons aux extraits d'absinthe (l'appellation originelle restant interdite), sont de nouveaux autorisées. Vantant ses vertus rafraîchissantes et bienfaisantes, elle reste une boisson de convivialité et de bonhomie (homme enjoué bien portant, ambiance estivale). Cependant, elle n'a rien perdu de sa provocation car elle est et restera la fée malicieuse d'une certaine intelligentsia à contre courant. 

Remarquez comment l'illustration de GEMPP PERNOD ose transmettre un message de santé avec la fumée d'une pipe à tabac (alors qu'aujourd'hui c'est plutôt ça !). De même, notez comment un artiste tel que Marilyn Manson remet en scène cette boisson, longtemps considérée comme celle du diable. Et comme j'aime souvent être son avocat, la déchéance de l'absinthe fut en réalité plus liée à des manœuvres commerciales pour préserver notre superbe patrimoine viticole, plutôt que pour sa dangerosité qui tient surtout à la quantité d'alcool que nous ingérons et ce, qu'importe le breuvage...



Pour aller plus loin :
http://art-nouveau.style1900.net/l-absinthe/
http://www.museeabsinthe.com/absintheHISTOIRE5.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Absinthe_(spiritueux)

samedi 22 février 2014

Le Vieux Pané, il est bon comme le bon vieux temps.


Eh oui il est bon le Vieux Pané, car cette semaine chers lecteurs et chères lectrices nous parlerons de fromages et de bon temps. Attention pas n'importe quel bon temps, le bon vieux temps. Si vous avez regardé le spot TV, vous aurez facilement remarqué la tonalité positive du message et des éléments utilisés pour valoriser ce produit ancestral qu'est le fromage.

Comme d'habitude, les plus grandes inventions résultent d'accidents de parcours. Le fromage n'est en rien une exception. Selon la légende, un nomade du moyen-orient aurait stocké du lait dans une de ses sacoches faîtes à base d'estomac de ruminants (la caillette précisément), et lors de sa traversé du désert, la chaleur, les mouvements de la monture et les résidus d'enzymes eurent tôt fait de transformer le lait en fromage. Difficile de dater cette histoire et sa fiabilité, mais il est de source sûre que le terme "fromage" ne fut créé qu'au XIIème siècle en inversant deux lettres du mot de l'ancien français "formage", littéralement traduit du latin formaticum (ce qui est fait dans une forme). Voilà c'était la minute culture générale...

Revenons au Vieux Pané, cette vidéo datant de 1990 suinte la bonne humeur. En effet, les couleurs sont chaudes, légèrement teintées de jaune, la météo est au beau fixe, les acteurs jouent aux dominos dans une franche rigolade et le tout est commenté par une voix off aux accents faussement du sud... Scènes donc tout à fait Pagnolesques qui témoignent d'une époque heureuse malheureusement révolue. Par ailleurs, certaines affiches tirées de certains spots (comme celle ci-dessous) possèdent tous les codes des natures mortes (bon ok la main en moins...), nous plongeant directement dans une ambiance d'antan, gourmande et chaleureuse. D'ailleurs, à peu de choses près, cette scène ressemblerait presque à l'oeuvre de Sébastien STOSKOPFF, les fruits en moins.

Ainsi, notre Vieux Pané, il est bon comme le bon pain, le bon pain d'autrefois que notre boulanger faisait de A à Z, de ses propres mains. Une époque où les petits métiers dominaient, où les choses étaient simples car chacune avait une place. Si nous voulions du poisson, direction chez le poissonnier, de la viande ? Direction chez le boucher. Une époque assurément plus simple que la notre car non envahie pas la grande distribution et sa consommation de masse. Une époque où l'on devait forcément entrer en relation si nous éprouvions un besoin, où nous communiquions avec nos voisins, nos artisans et où chacun se connaissait. Un véritable pied de nez donc à notre époque, chronophage et individualiste où l'autre est un intrus, un inconnu nous faisant peur car potentiellement dangereux (logique puisqu'on ne le connaît pas). Et puis, pas le temps de le connaître ! Les courses, les enfants, le travail (quand on en a), Pôle Emploi, Internet, les jeux en ligne, Facebook et les mails qu'il fallait lire hier et que l'on a pas encore lu...




Le pain était sûrement meilleur avant, comme au bon vieux temps où la vie était meilleure du moins à ce qu'on en pense. Le Vieux Pané surfe littéralement sur ce stéréotype. Comment faire percevoir aux consommateurs la qualité d'un produit si ce n'est le rendre authentique, fait artisanalement et donc avec de bons ingrédients et d'un bon tour de main. La marque est allée jusqu'à sortir un jeu de sept familles où chacun des membres est un artisan, vantant ainsi le mérite de son produit et respectant sa ligne de conduite communicationnelle. Malheureusement, cet artifice ne dure que jusqu'à ce que l'on consomme effectivement ce fromage tout à fait industriel. Même s'il est bon gustativement (enfin moi j'aime bien), il ne peut être comparé à un fromage issu de chez un véritable fromager, avec plus de corps, de caractère et moins de conservateurs... Non, définitivement, le bon vieux temps n'est qu'une illusion qui ne dure qu'un instant. L'instant de la rêverie, du fantasme que nous souhaitons éprouver mais qui restera derrière nous jusqu'à ce qu'un stimulus nous ramène à la réalité. Face à la dureté des circonstances présentes, le vieux temps est forcément bon car on l'aime à se le représenter ainsi. Et ce n'est pas Gérald GRIFFIN qui me contredira...

"Oh ! bon vieux temps reviens ! oh ! reviens bon vieux temps !
           Si plein de soleil, de jeunesse,
Et que j’entende encor ces cardions charmants
Qui de Pasque à mon cœur annonçait la liesse,
Mais en vain verserais tous les pleurs de mes yeux.
En vain je pousserais des soupirs jusqu’au cieux.
           Il ne reviendra plus je pense
           Le bien aimé de mon enfance,
           Le vieux temps ! ô le bon vieux temps !"

Extrait "Le bon vieux temps", XIXème siècle.


Pour aller plus loin :
http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/EncyclopedieAliments/Fiche.aspx?doc=fromage_nu#le-fromage-au-fil-du-temps
www.ina.fr
http://www.encyclopedie.bseditions.fr/article.php?pArticleId=152&pChapitreId=23405&pSousChapitreId=23408&pArticleLib=Nature+morte+aux+assiettes+et+aux+fruits+%5BSTOSKOPFF+S%E9bastien-%3ESTOSKOPFF+S%E9bastien%5D

samedi 1 février 2014

L'âge d'or de la ménagerbe

Cette semaine nous allons mettre à l'honneur notre très célèbre ménagère ainsi que la place primordiale qu'elle occupait sous les trente glorieuses. Pour ceux ou celles ayant l'esprit embrumé, les trente glorieuses c'était ça !

Pour certains réalité passée, pour d'autre passé utopique, cette période vit un nombre incalculable d'innovations qui facilitèrent la vie de l'occidental dans presque toutes les tâches de son quotidien. Des débuts de l'électronique pour les hommes à la cocotte minute pour les femmes, chaque chose était à sa place et chaque place avait sa chose...

Commençons donc notre étude par le cocorico de la cuisine, le symbole de la ménagère française : La cocotte minute !


Si l'on reste en surface, notons que ces affiches possédaient deux parties : Le pack shot et le message.
  • Le pack shot représente l'image du produit et l'ensemble du décorum servant à le mettre en valeur. Nous avons donc notre cocotte, le fond couleur et la dinde qui enrobe le tout. Le fond généralement utilisé à l'époque était des couleurs plutôt vives dont le rôle était de soutenir le message diffusé. Sur l'affiche de gauche, le fond est rouge signifiant ainsi l'amour ou des sentiments passionnels. Quoi de mieux que pour illustrer la notion de bonheur, largement rabâchée à cette époque. A notre droite la couleur jaune, couleur solaire, révèle la joie, la fête. Quelle joie notre homme de l'époque allait se faire en offrant gracieusement à sa petite femme chérie cette belle cocotte pour qu'elle puisse lui faire plaisir avec de bons petits plats (c'est la moindre des choses, après tout il se casse le cul tous les jours pour ramener du pognon).
  • Le plus frappant dans tout cela est le rôle de la dinde, à savoir la femme de l'époque. Notez combien elle semble ravie de présenter ce produit. Le sourire émail diamant, son aspect soigné et sa gestuelle sans ambiguïté : Mesdames, ce produit est pour vous ! Combien votre mari va être fier de vous si vous dopez vos compétences grâce à la cocotte.

Parce que oui, le femme se devait d'être non pas au foyer mais LE foyer. Telle était sa place et telle on le lui inculquait déjà très jeune, dès l'âge de raison acquis. Voici un extrait d'un manuel scolaire d'économie domestique de 1960 que l'on offrait également aux jeunes mariées à la sortie de l'église :

"* FAITES EN SORTE QUE LE SOUPER SOIT PRÊT : Préparez les choses à l'avance, le soir précédent s'il le faut, afin qu'un délicieux repas l'attende à son retour du travail. C'est une façon de lui faire savoir que vous avez pensé à lui et vous souciez de ses besoins. La plupart des hommes ont faim lorsqu'ils rentrent à la maison et la perspective d'un bon repas (particulièrement leur plat favori) fait partie de la nécessaire chaleur d'un accueil. [...] * PENDANT LES MOIS LES PLUS FROIDS DE L'ANNÉE, il vous faudra préparer et allumer un feu dans la cheminée, auprès duquel il puisse se détendre. Votre mari aura le sentiment d'avoir atteint un havre de repos et d'ordre et cela vous rendra également heureuse. En définitive veiller à son confort vous procurera une immense satisfaction personnelle."


Le femme se devait ainsi d'être la parfaite maîtresse de maison, sorte de bot au service de son homme de mari, où la relation matrimoniale tournait plus à la relation de maître/esclave qu'à celle du grand amour.
Mais, Isawa Greg, n'exagères-tu pas un petit peu ? Les femmes commençaient à être émancipées car elles votaient déjà à cette époque. Certes, vous avez raison. Hélas combien de femmes votaient ce que leur disait leur mari ? Ou pire, combien de femmes faisaient, avec moins que plus leur accord, une procuration à leur mari pour que ce dernier puisse voter à leur place ? Et voici comment la publicité voyait la libéralisation de la femme à cette époque... Triste réalité j'en conviens...

Du coup, il n'était guère étonnant de voir notre champs de vision parsemé de ce genre d'affiches, et de voir que pour la fête des mères, quoi de mieux qu'un robot électro-ménager à lui offrir. Là où certains nostalgiques voient cette époque comme celle de l'ordre domestique, il n'était ni plus ni moins question pour la femme que de s'épanouir au travers de son mari. Son désir importait peu, le conjoint avant tout et ce, de générations en générations. Si nous prenons notre époque moderne, la relation homme-femme a bien changé mais il reste encore des réminiscences du passé : 
  • Les jouets de ménagères sont au rayon filles, le bricolage au rayon garçons.
  • Un homme à femmes est un Don Juan, une femme est une salope.
Nous conclurons cet article sur le fait que la femme a longtemps vécu directement ou indirectement sous le joug de son conjoint, à un tel point que même ceux qui se mariaient par amour venaient à la longue à adopter ce comportement qui caractérisait le mode de vie de l'époque. Et la publicité ne manquait pas de donner le change sur la façon d'être, uniformisant ainsi les esprits et stigmatisant les déviants (que nous sommes aujourd'hui pour le coup). Ainsi, chères lectrices, libérez-vous de ce lourd héritage : Homme et femme même combat et votre désir, votre épanouissement ne passe pas par votre conjoint mais avec lui.

Je vous laisse méditer cela et je vous offre cette dernière affiche (ma préférée) : Comment combiner sexisme et racisme ? Ben voilà : 




Pour aller plus loin :
http://www.code-couleur.com/signification/jaune.html
http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20090917140246AAlQrJj
Google image = Ménagère année 50/60

samedi 18 janvier 2014

Banania : Y'a bon ou pas ?




Cette semaine chers lecteurs et chères lectrices, nous allons nous intéresser à un produit que petits et grands affectionnent généralement : Le cacao instantané.

Roi indétrônable des petits déjeuners jusqu'à la fin des années 1980, il fut pourtant ébranlé à maintes reprises, non pas parce-que son goût était mauvais mais parce-que ses publicités étaient plutôt, elles, de mauvais goût.

Je nomme donc : Banania

























C'est en 1914 que fut publiée l'affiche de gauche qui constituera la première publicité de Banania. On peut voir une antillaise aux traits relativement occidentalisés déverser sur la populace métropolitaine tous les bienfaits des produits d'outremer et plus particulièrement la banane. Rappelons que le contexte historico-scientifique était très particulier à l'époque. La première guerre mondiale éclate alors que la colonisation prend fin. C'est donc à l'empire de France que l'Allemagne va faire la guerre, et donc quoi de mieux que des produits exotiques pour garantir vigueur, force et énergie aux petites têtes blondes (et aux militaires par ailleurs) : symbole d'une nation glorieuse et grandissante.

Puis en 1915 apparaît la seconde affiche de Giacomo De Andréis qui deviendra la référence en matière d'image publicitaire de la marque et ce, jusqu'en 1977 où elle revêtira un caractère raciste et sera donc supprimée. A l'image : Un tirailleur sénégalais entrain de manger du banania, sourire (niais ?) au lèvre, un soleil couchant de savane rappelant le jaune de la banane et donc de la marque. Enfin, en guise d'argument ultime le fameux "Y'a bon".

A l'époque, les théories darwinistes pré-dominent et l'intelligentsia s'accorde à définir une hiérarchie raciale dont le sommet est occupé par la race blanche, la race civilisatrice, victorieuse des autres. Ainsi notre pauvre tirailleur rassemble tous les caractères de la négritude, admise par les colons. Grand, robuste, sympathique parce-que stupide, l'Ami Y'a bon est bel et bien le sauvage d’Afrique dont la France n'hésitera pas à mobiliser pour bouter le boche hors de nos frontières (avec même l'immense honneur de figurer en première ligne la plupart du temps).

En parlant de sauvage, voilà ce qu'écrit Louis Figuier dans son ouvrage intitulé  « Les races humaines » : "Ses lèvres sont proéminentes, son front bas, ses dents en saillies, ses cheveux laineux, à demi-frisés, sa barbe rare, son nez large et épaté, son menton en retrait, lui donnent un aspect spécial parmi tout le reste des races humaines." Aspect spécial... Voilà un terme intéressant. S'il est communément admis en ce temps que le noir relève plus de l'animal que de l'être humain, nous comprenons mieux les publicités qui naquirent au sein de ce contexte (et les blagues de Michel Leeb d'une façon plus actuelle).

Si l'on se fait cinq minutes (pas plus) l'avocat du diable, la formule "Y'a bon" aurait été retenu pour honorer l'ex-soldat qui fut blesser au front et que Pierre LARDET, co-fondateur de Banania et journaliste à ses heures, embaucha dans ses usines de Courbevoie. En effet, quand ce soldat goûta le produit, il s'exprima ainsi ce qui fit rire le maître des lieux. Aaaah comme c'est touchant d'entendre ce sauvage essayer de parler notre si noble langue ! Mais bon du coup Banania rendait ainsi hommage à cette section militaire à laquelle nous sommes plus que redevable aujourd'hui.

Alors certains diront : "Oui cette pub est raciste, elle met en avant la colonialisme, l'asservissement des noirs etc etc..." D'autres diront que non, que cette pub était avant tout humoristique et que l'objectif était surtout d'écouler un maximum de produits pour faire un max de fric, plus que de rabaisser une ethnie (parce-que race c'est pas joli) particulière. Après tout, cette pub posait déjà les bases de l'éternel débat : "Peut-on rire de tout ?", question à laquelle Philippe Geluck essai tant bien que mal de répondre, on imagine ce que ça peut donner... 

En tout cas vous me raconterez, j'ai des quenelles sur le feu...




Pour aller plus loin :
http://tpebanania.free.fr/Banania/I__Banania_a_lorigine.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Banania
http://www.prodimarques.com/sagas_marques/banania/banania.php
Louis FIGUIER, "les races humaines", ed. Hachette

samedi 4 janvier 2014

Oh oh oh ! Joyeux bordel !


En ce début d'année 2014, quoi de plus normal que de parler de notre bon vieil ami le Père Noël. Il y a peu, il a gentiment tapé l'incruste chez chacun d’entre nous, nous offrant (plus ou moins directement) ce que nous souhaitions (plus ou moins directement).

Mais ce cher bonhomme tout de rouge et de blanc vêtu est également une icône internationale de la pub. Représentant à la base Saint Nicolas ou encore nommé Santa Claus, il ne commença à apparaître tel que nous le connaissons qu'en 1862 grâce au caricaturiste germano-américain Thomas Nast. 

Et là c'est le drame... Coca-Cola n'a donc pas créé "Father Christmas" ! 

Cependant, rendons à Coca son eau gazeuse, le visage tel que nous allons le découvrir et tel que nous le connaissons aujourd'hui relève bien de la multinationale. 





Bon tout d'abord, nous remarquons que le rouge et le blanc sont mis en avant par un arrière plan généralement noir. Sobre et révélateur, quoi de mieux pour mettre en lumière les couleurs vives du Père Noël qui, coïncidence (réelle en vérité), sont les mêmes que celles de Coca-Cola : 
  • Le rouge pour la passion, la vitalité et l'amour
  • Le blanc pour la pureté et l'innocence qu'est ce bonhomme au cœur d'enfant.
Tout cela est bien joli et bien mignon tout plein, mais les représentations de l'époque me font plus penser à l'oncle André, alcoolo notoire des repas de famille qu'à un être de féérie dont Walt Disney s'est réapproprié les codes pour mieux coller au rêve de la nuit de Noël. Sans déconner, sur l'image de gauche, les joues sont prêtes à exploser, et le regard en dit long sur le contenu réel de la fameuse bouteille en verre. Et ce con de clébard qui débarque empêchant notre bon vieux Père Noël de picoler peinard...

Plus ancienne (1920 environs), l'illustration de droite rajoute carrément le congélo avec au moins une centaine de bouteilles, car "La soif ne demande rien de plus". Ben tiens, quand on sait qu'une canette équivaut à 7 morceaux de sucre, on comprend mieux la physionomie du personnage... Et vu que le message est clair : si t'as soif, boit du Coca-cola, on assistait déjà, à l'époque, à l'obésité programmée du genre humain (surtout si on devait se taper tout le congélo...). Bien évidemment, ce cher Santa devait donner une image plus innocente au produit au regard des jeunes consommateurs et plus festives à l'égard des plus vieux. Or c'est bien l'utilisation d'une référence traditionnelle à l'aura de pureté (je rappelle qu'à la base on parle de Saint Nicolas) qui est utilisée ici pour influencer les comportements de consommation et donner un certains crédit de sécurité à cette légendaire boisson. Ainsi de nombreuses personnes pensent encore aujourd'hui que le personnage du Père Noël ne résulte que d'une opération commerciale, contribuant ainsi à embrouiller les esprits et mélanger les genres.

Terminons (éh oui déjà) avec cette dernière illustration : Santa distribuant gaiement (car on est toujours en joie avec Coca) des boissons de la marque à différents individus ethniquement marqués au sein d'une rame de métro londonien. C'est ici le caractère international de marque qui est mis en avant au travers de Santa qui semble être comme universel, transcendant les cultures et les religions, pour ne pas dire un facteur d'unité internationale... Ou simplement chef des ventes chez Coca.


Pour aller plus loin : Voici un lien très sympa sur la "Père Noëlisation" de Saint Nicolas :